.

Entraid'Ouvrière

Petite présentation de mon asso : Entraid'Ouvrière

 Je suis bénévole depuis Octobre 2007... je suis arrivée là un peu par hasard. Pour tout vous dire j'avais beaucoup d'appréhension par rapport au public dont s'occupe l'asso enfin la branche de mon asso : Les sans domicile fixe.
Et pourtant j'y ai trouvé beaucoup d'amour, de complicité et de bonnes tranches de rigolade.

Je vais tous les lundis dans un titi camion aménagé ou on peut préparer les boissons et la nourriture pour ceux qui le désirent. On s'y sent bien, c'est aussi un coin pour se protéger en cas de coups durs, échanger qqs paroles rassurantes entre nous ( bénévoles et salariés) et se raconter qqs blagues. Il suffit de monter ses 3 petites marches et on sait que nous sommes dans un monde totalement différent. Une fois dans l'ombre de ce camion, le reste du monde ne nous intéresse pas... c'est uniquement eux qui nous importent, c'est une sorte de petite bulle au milieu d'un centre ville ou grouille les gens qui vaquent à leurs occupations, à leurs vies bien rangées et bien proprette. C'est une sorte de petite oasis où l'on confie ses soucis, où l'on demande conseils ou bien même ou l'on parle de la pluie et du beau temps.
Il y a les habitués, qui arrivent toujours à vous trouver un petit surnom à la con... ou encore les gens de passages égarés, qui ne connaissent pas la ville et qui ont besoin d'un toit le temps d'une nuit.

Il y a deux étapes pendant la soirée. Généralement pendant 2 heures on reste à la Gare pour avoir un vrai contact avec les gens, à papoter autour de la table et à manger... là les personnes qui veulent aller en hébergement d'urgence nous en font part et tit tit tit on compose les 3 chiffres du 115 pour connaitre la disponibilité des différents foyers de Tours ! Après c'est deux heures... ou plus, on remballe tout, on dit au revoir, à la prochaine, alors que le moteur du camion gronde déjà et en route pour la Maraude. Souvent ( surtout en période hivernale) les personnes sont a l'arrière serrés sur la banquette, les bénévoles devant et le salarié au volant du camion, on s'envole tous au pays des centres d'hébergement... (mais là bas ce n'est pas un pays féérique... loin de là)
Plus les minutes s'égrainent  et plus le camion s'allège. Là on se retrouve entre nous, on fait un petit bilan de la soirée à la gare... mais de la route nous attend encore. On passe dans divers endroits pas toujours les mêmes, pour voir des personnes qui vivent dans la rue, dans des coins un peu cachés de tous et on donne ce dont à besoin la personne... Parfois l'accueil est chaleureux et nous sommes attendus et d'autres fois... on se ferait presque chasser a coup de balais. Mais le respect est toujours de mise dans les deux sens. HAMDOULILA !
Tard dans la nuit, le camion nous dépose chacun chez nous et on se souhaite bonne nuit, la tête pleine de moments forts et chaque fois je me dis la même chose... je suis bien heureuse d'avoir un chez moi.


J'ai du mal a me défaire de certaines personnes, certaines m'ont énormément marquer par leur parcours, leur visage fermé et cette haine envers la société qui se lit sur leur visage. On se rend compte que la vie ne tient à rien et ce rien pourrait faire qu'un beau jour on se retrouverait à leurs côtés à manger une soupe et demander une place en foyer... Ce qui m'impressionne chez eux, c'est qu'ils ne se plaignent jamais, ils ne sont pas là a chouiner et a essayer de nous faire pleurer sur leur sort. Ils sont pour la plupart doté d'un orgueil incroyable et ne montre aucunes failles.
D'autres m'ont marqué par leur attitude violente ou même agressive, ou bien même relevant de la psychiatrie dû à leur vie et à ce qu'ils ont vécu... 
On oscille entre soirées calmes et totalement détendues ou encore il peut y avoir de fortes tentions et même des actes de violence. Les aléas du direct on va dire ^^

Pour moi aller toutes les semaines dans cette bulle est une belle leçon de vie et un apprentissage sur moi même et ce dont je suis capable.

1 commentaire - aucun rétrolien